À l’occasion de la Journée internationale de lutte contre le racisme, une émission en deux volets propose de déplacer le regard : partir des expériences vécues plutôt que des principes affichés. À l’initiative du journaliste-vidéaste Pierre Schonbrodt, quatre témoins — Aurore, Harmonie, Nawfel et Sharon — ont été réunis pour partager, ensemble, ce que recouvre le racisme dans leurs trajectoires.
Épisode 1 — Dire le quotidien du racisme
Le premier épisode s’attache aux expériences concrètes. Les récits évoquent un racisme diffus, inscrit dans des interactions ordinaires : remarques, soupçons, mises à distance, discriminations plus ou moins explicites.
Au fil des échanges, plusieurs lignes se dessinent :
- la répétition de situations qui, prises isolément, pourraient sembler anodines ;
- leur accumulation, qui finit par peser sur les parcours et les perceptions de soi ;
- la difficulté à faire reconnaître ces expériences comme relevant pleinement du racisme.
Loin d’un registre uniquement émotionnel, les intervenant·es décrivent aussi les stratégies d’adaptation mises en place : contourner, anticiper, parfois se taire.
Écouter l’épisode 1 : https://www.laicite.be/emission/dire-le-racisme-ce-qu-on-encaisse/
Épisode 2 — Mettre en perspective
Le second épisode prolonge ces témoignages en ouvrant sur une lecture plus large. Les échanges interrogent les cadres dans lesquels ces expériences prennent place : institutions, normes sociales, représentations collectives.
Il est notamment question :
- des mécanismes qui contribuent à invisibiliser certaines formes de racisme ;
- des tensions entre un discours public volontiers anti-raciste et des pratiques qui produisent des inégalités ;
- des conditions nécessaires pour que ces récits soient entendus au-delà du cercle des personnes concernées.
Ce deuxième temps permet ainsi de relier les expériences individuelles à des dynamiques structurelles, sans prétendre à une synthèse définitive.
Écouter l’épisode 2 : https://www.laicite.be/emission/dire-le-racisme-ce-qui-nous-releve/
Donner à entendre, sans simplifier
Pris ensemble, ces deux épisodes composent un espace d’écoute plutôt qu’un espace de démonstration. Ils ne cherchent ni à épuiser la question, ni à produire un discours unifié, mais à rendre visibles des réalités souvent reléguées à l’arrière-plan.
Dans un contexte belge où l’engagement contre le racisme est régulièrement affirmé, ces paroles viennent rappeler que la question reste, pour beaucoup, une expérience quotidienne.