Yallah Zouz – Festival judéo-arabe-amazigh

par | Jan 3, 2026 | BruxelleS, IdentitéS, Maroc

Yallah Zouz – Festival judéo-arabe-amazigh
Faisons vibrer nos mémoires communes

Il y a des moments où le besoin de se rassembler s’impose. Non pour effacer les désaccords, ni pour atténuer les tensions, mais pour revenir à ce qui relie, à ce qui a été partagé, transmis, parfois mis de côté, et qui continue pourtant de travailler nos histoires individuelles et collectives.

C’est dans ce mouvement qu’est né Yallah Zouz. Le festival s’inscrit dans le prolongement de questionnements autour des héritages judéo-arabes-amazighs, des trajectoires diasporiques et de ce que ces mémoires font à nos identités aujourd’hui. Il ne s’agit pas de célébrer un passé idéalisé, mais d’ouvrir un espace de réflexion, de création et de rencontre, attentif à la complexité des histoires et des appartenances.

Le festival aura lieu le 30 mai à La Tricoterie, à Bruxelles. Ce lieu accueille régulièrement des initiatives culturelles et citoyennes et a notamment accueilli un concert de la chorale judéo-arabe Bab’Zouz, dont le compte rendu est disponible sur ce blog.

Héritages partagés, parcours discontinus

Entre Tunis, Alger, Casablanca, Fès et d’autres villes du Maghreb et du monde arabe, s’est construite une histoire judéo-arabe-amazighe ancienne, marquée par la coexistence, les circulations, mais aussi par des ruptures. Cette histoire ne forme pas un bloc homogène. Elle est faite de pratiques culturelles, de langues, de gestes, de récits familiaux parfois fragmentaires.

Mon propre rapport à cet héritage s’est construit par touches successives, au fil des voyages, des lectures, des récits transmis par ma mère née à Fès au Maroc, et de ce qui, longtemps, est resté en creux. À Bruxelles, ces héritages prennent d’autres formes encore, façonnées par les parcours migratoires, les recompositions familiales et les contextes politiques contemporains. Avec Yallah Zouz, il est questiond’aborder ces mémoires comme des réalités mouvantes, inscrites dans le présent, et non comme un patrimoine figé.

Créer les conditions du dialogue

Le contexte actuel rend les échanges de plus en plus difficiles. Les débats se polarisent, les positions se figent, et les espaces de discussion se raréfient. Le festival ne prétend ni produire un consensus, ni neutraliser les conflits. Il vise plutôt à créer les conditions d’un dialogue informé, situé, attentif aux rapports de pouvoir et aux expériences vécues.

La démarche s’inscrit aussi dans une tentative de répondre, par la culture et la pensée, au sentiment d’impuissance que suscitent les silences politiques et institutionnels, notamment face au sort du peuple palestinien et la volonté de chercher des formes d’élaboration collective qui ne renoncent ni à la lucidité, ni à l’humanité.

Une journée pour penser et faire ensemble

Le 30 mai, à la Tricoterie, Yallah Zouz proposera une programmation articulant plusieurs formats :
une conférence, des tables rondes réunissant chercheur·euses, artistes et acteur·rices de terrain ;
des ateliers artistiques et participatifs, autour de l’écriture, de la mosaïque ou du tissage ;
des propositions musicales et performatives ;
ainsi que des temps plus informels, propices aux échanges.

Ces formats visent à croiser les approches et à mettre en dialogue savoirs académiques, pratiques artistiques et expériences personnelles.

Une démarche inscrite dans un cheminement personnel

Yallah Zouz ne constitue pas une parenthèse dans mon parcours, mais s’inscrit dans une continuité. Celle d’une réflexion entamée depuis longtemps autour des origines, des transmissions et des formes possibles de coexistence. Le festival est une tentative parmi d’autres de mettre ces questions en partage, de les déplacer, et de les travailler collectivement.

Le 30 mai, à la Tricoterie, je vous invite à prendre ce temps-là : penser ensemble, échanger, créer, à partir de ce qui nous a été transmis et de ce que nous avons encore à inventer.

Plus d’infos? Yallah Zouz

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